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LA MÉLANCOLIE ACIDULÉE DE JULIA JEAN-BAPTISTE

15/07/2016

 

Julia Jean-Baptiste est une tête brûlée.

 

Pas seulement parce que sa musique est bercée d’une insouciance frivole, mais aussi parce qu’elle cultive et entretient, à l’instar des friandises du même nom, des sentiments contraires : joie et mélancolie, douceur et amertume… Son habile maîtrise des métissages et des mélanges en fait une artiste complexe, qu’A nous la nuit ! propose de faire découvrir.

 

Entretien avec une artiste à retrouver le 2 septembre au Point Éphémère lors de la grande soirée « A nous la nuit ! ».

 

Peux-tu te présenter en quelques mots pour commencer ?

 

Je m’appelle Julia Jean-Baptiste, j’ai 26 ans, je suis brune, je mesure 1m73. Je suis née à Paris mais j’ai grandi à Lyon, je vis à Paris depuis 4 ans, et je fais de la musique au sein du label Entreprise.

 

Tu as été DJ, tu es passée par la Star Academy… Est-ce que tu peux me parler des expériences qui ont façonné le personnage de Julia Jean-Baptiste ?

 

J’ai toujours fait de la musique, j’ai toujours chanté, et j’ai commencé la guitare quand j’avais 13 ans, d’abord pour m’accompagner au chant.

 

Il y a quelques années, j’ai rencontré des artistes, qui m’ont vraiment donné envie de faire de la musique. J’avais beaucoup d’idées, mais je ne savais pas trop dans quelle direction artistique je voulais me lancer.

 

J’ai rencontré des producteurs avec lesquels j’ai commencé à travailler il y a deux ans, (Jérôme Echenoz, Bertrand Lacombe…) on a commencé à bosser des titres comme ça, entre nous, et c’est de cette manière que j’ai commencé à faire de la musique, en passant d’auditrice passionnée à artiste.

 

J’ai fait la Star Ac quand j’avais 18 ans. A l’origine, je m’étais inscrite un peu par hasard, pour faire rire mes copines du lycée, et finalement j’ai été prise à l’émission. C’était une expérience intéressante : voir le monde de la télé de l’intérieur à 18 ans, ce n’est pas donné à tout le monde !

Seulement, c’est un univers qui ne me faisait pas rêver. Je ne m’y sentais pas à ma place, je ne me sentais pas à l’aise avec les caméras braquées sur moi, avec tout ce côté star-system. J’ai fui tout ça dès que j’ai quitté l’émission, au bout d’un mois, et j’ai coupé les ponts avec ce monde-là : j’ai refusé de donner suite à cette émission, et j’ai décliné les propositions qu’on m’a faites après. J’avais envie de m’éloigner de ce personnage estampillé « Star Ac ».

 

Après ça, j’ai fait une fac d’anglais et j’ai repris ma vie normale à Lyon. C’est là que j’ai beaucoup fréquenté les clubs, et que j’ai commencé à faire des rencontres intéressantes : l’équipe des Nuits Sonores, des DJ locaux comme Agoria. J’ai commencé à traîner dans ce milieu qui n’est pas vraiment le mien, j’ai plutôt une culture rock et new-wave à l’origine, mais je me suis découvert une certaine passion pour la musique électro. Ensuite, j’ai commencé à organiser des soirées et des concerts à Lyon, puis je suis arrivée à Paris.

 

C’est quoi, le style de Julia Jean-Baptiste ?

 

En débutant, je n’avais pas vraiment envie de faire de la musique électronique pure, mais plutôt un truc qui me ressemble, un peu mélancolique, avec des histoires que j’avais envie de raconter, des influences, des envies, des fantasmes.

 

Mon style, ce sont des productions plutôt électroniques, mêlées à une mélancolie qui est assez omniprésente dans beaucoup de mes chansons. C’est dans ce style que je me sens bien. Je suis très heureuse, je me sens heureuse d’être en vie, mais c’est vrai qu’en matière de musique, j’aime beaucoup les mélodies mélancoliques, et c’est aussi dans ma nature d’être assez nostalgique.

 

J’ai des influences qui sont très diverses : j’aime mélanger des touches assez années 60 avec des touches plus brésiliennes et antillaises, avec quelque chose d’assez moderne au niveau de la production.

 

Pour ce premier EP, tu t’es entourée de jolis noms : Bertrand Lacombe, du label Entreprise, Lafayette… Est-ce que tu peux nous parler de la conception de cet EP ?

 

On a mis un moment à concevoir cet EP. Il y a deux ans, j’ai sorti un titre qui s’appelle Confetti. Je l’ai travaillé avec Bertrand Lacombe et Lafayette, et c’est un titre très pop : très fun, très enjoué, et que j’aimais beaucoup à l’époque. Seulement, à la sortie de ce titre, je me suis dit que j’avais d’autres choses à raconter, que je n’avais pas vraiment envie de m’enfermer dans ce format, et que je voulais raconter des choses un peu plus personnelles.

 

Cet EP s’est construit autour de certains aléas de la vie, des amours, des ruptures. J’ai continué à bosser avec Bertrand Lacombe et avec Jérôme Echenoz sur cet EP, et ça a abouti de cette manière.

 

Dans ton EP, on retrouve le titre La P’tite Lady, interprété par Vivien Savage dans les années 80, et dont tu as fait une reprise. Aujourd’hui, plusieurs artistes dans le paysage musical français s’inspirent de cette esthétique des années 80. Comment expliques-tu ce retour en grâce ?

 

Je pense qu’on se trouve dans une période où on revient constamment vers le passé. Paradoxalement, on est tous nostalgique de périodes qu’on n’a pas connues. Il y a quelques années, c’était très à la mode de porter du pied-de-poule et d’écouter les chansons des Demoiselles de Rochefort.

 

Maintenant, c’est davantage un retour dans les années 80-90 : on prend les codes qui ont existé, on les remet à la sauce moderne, et ça donne quelque chose de nouveau. Aujourd’hui, grâce à Internet, on a accès à des influences extrêmement diverses, à l’histoire et au patrimoine de la musique. On se tourne vers un patrimoine français qu’on n’a pas toujours assumé, qui était presque honteux et vers lequel on revient. On est de nouveau fier de chanter en français.

 

Qu’est-ce que tu as envie de transmettre dans ta musique et dans tes textes ?

 

J’ai envie de raconter des histoires, des petits moments de ma vie, des anecdotes, des fantasmes, souvent. Un amour de vacances lorsque j’avais 14 ans, une envie d’aller au Brésil, ça peut donner un morceau.

 

Je n’ai pas forcément envie de raconter des choses plus profondes, je ne m’en cache pas, j’aime les choses simples, et je ne me sens pas encore d’écrire des textes qui sont très profonds. Je fais ce que je sens.

 

En ce moment, j’essaye de développer des moments de vie, j’en fais une sorte de fiction. Ça me permet d’arranger certains souvenirs, d’en créer d’autres…

 

Est-ce que tu peux me parler des artistes qui t’ont inspirée ?

 

Mes premières amours sont les 2Be3, il faut le dire. Vers onze ans, j’ai découvert Oasis, puis les Strokes et les Libertines, qui m’ont vraiment passionnée pendant quelques années.

 

J’ai aussi été très influencée par la musique qu’écoutaient mes parents, ils ont vraiment façonné ma culture musicale quand j’étais jeune.

 

Du côté de mon père, j’ai été influencée par l’aspect très ensoleillé de la musique brésilienne, et par une culture très rock, avec des touches new-wave et punk, du côté de ma mère. J’y ai ajouté une bonne culture française, très pop : j’adore Daho, j’adore Elli et Jacno, et la chanson française des années 60, avec Jacqueline Taïeb. Mais j’adore aussi les bons tubes des années 80, Coeur de Loup de Philippe Lafontaine ou C’est la Ouate de Caroline Loeb, par exemple. Ça me rappelle mes vacances au camping…

 

J’aime beaucoup découvrir des chansons d’artistes qui n’ont sorti qu’un titre dans les années 60, du style de Delphine avec La fermeture éclair, des trucs un peu subversif. J’aime beaucoup les morceaux dont on peut faire une double lecture, et les années 60 étaient parfaites pour ça.

 

J’ajoute à tout cela une culture plus électronique : j’aime LCD Soundsystem, Hot Chip, Cléa Vincent…

 

On te retrouvera le 2 septembre sur la scène du Point Ephémère lors de la soirée A nous la nuit. Tu évoques la nuit dans ton titre Confetti (Je vis la nuit). Qu’est-ce que ça t’évoque, la nuit ?

 

La nuit, j’en fais aussi une double lecture. D’un côté, ça m’évoque les nuits de sexe endiablé suivies de longues heures de sommeil (j’adore dormir !), et de l’autre, j’ai l’impression que la nuit crée des moments qui n’auraient pas lieu quand il fait jour. J’en parle en positif comme en négatif.

 

La nuit, j’ai l’impression que les caractères sont exacerbés, on se dévoile, on se permet de faire des choses qu’on ne ferait pas forcément le jour. Encore une fois, ça peut être génial, mais ça peut aussi être affreux.

 

Depuis quelques années, je me déplace à vélo, je ne peux pas me déplacer à pied. Mes parents m’ont toujours dit de ne pas me déplacer seule la nuit. Quand je porte une mini-jupe, on me fait toujours une remarque dessus, on me dit « tu fais du vélo avec une mini-jupe ?! », mais c’est les autres que ça dérange, pas moi ! Je fais ce que je veux avec mon corps !

 

La nuit, ça crée des moments assez magiques et j’aimerais que ce soit pour tout le monde : je pense que dans ce phénomène, l’éducation est la clé.

 

Et maintenant ?

 

On me retrouve le 3 septembre au Barapapa pour un DJ set 100% français, ça va être la méga teuf !

 

La prochaine étape, c’est d’écrire plein de morceaux, de faire plein de concerts parce que c’est ce que j’aime le plus. Je suis très heureuse de jouer le 2 septembre au Point Ephémère, j’aurai plein d’énergie à partager !

 

Propos recueillis par Paul Mougeot.

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